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Edito du mois de Mars 2010 Nous progressons dans ce temps béni des 40 jours qui représente toute une symbolique : le temps d’un enfantement disent nos frères juifs en appliquant ce chiffre aux semaines. Le carême est donc un temps pour nous laisser enfanter à la vraie vie afin de devenir des vivants, non pas de "bons vivants" mais de vrais vivants… L’existence, à travers ses ombres et ses lumières, ses épreuves et ses joies, ses peines et ses consolations, se charge d’opérer en nous cette transformation de telle sorte « que notre cœur s’établisse là où sont les vraies joies » (extrait d’une oraison de la messe). Puisque tous nous connaissons des épreuves qui font concourir à notre bien, voici la méditation d’une personne reçue à la suite de l’incendie et qui peut s’adresser à chacun : « On ne peut pas se reposer sur un confort imaginaire… illusoire car éphémère. Chaque fois qu’on essaie de se rassurer en s'appuyant sur un acquis, la vie montre la fragilité de cette stabilité... Rien n’est gagné, jamais... toujours il faut il renouveler les efforts et la sincérité de notre pratique. Un petit bout de chemin lumineux, suffisant pour nous charmer, nous endormir dans sa sécurité et son confort, et il survient à nouveau une secousse pour ranimer notre vigilance et nous obliger à descendre profondément en nous, pour chercher la présence de Dieu. Nous consentons à nouveau à Son amour dans notre cœur, avec des larmes dans les yeux pour dissoudre la dureté qui s’y était à nouveau déposée. C’est ainsi que nous pouvons nous rendre compte, grâce aux secousses de la vie, que nous nous sommes de nouveau réfugiés derrière les petites ruses de l'ego et que nous arrangeons notre existence derrière une forteresse de protections. Concluons que nous devons encore plus nous laisser porter par l’Esprit Saint, nous défaire de notre volonté personnelle… être libre, sans attente, sans obstination, rechercher la paix intérieure... méditer… prier ... ! » Que ces 40 jours soient, pour chacun, une occasion de se laisser enfanter à la vie du Ressuscité, l'occasion d’acquérir un élan nouveau pour la construction du corps du Christ qu’est l’Eglise et de sa mission. Fr. Jean-Yves-Marie |